Éffondrement (1)

Publié le par Jacquette

 

La terre vibre secoue sa peau se rétracte puis se dilate. La terre souffre mais réagit.

Feu Cendre Chaleur Incandescence Sécheresse.

Puis l’eau liquide boue glissement effondrement.

Ma peau vibre brûle pleure s’affaisse.

Nos corps nos ventres nos bouches nos yeux.

Quelle paix ce serait sans l’espèce humaine !

Déluge. Coule le temps. La durée d’une ère glaciaire. Calcination du soleil. Souffle sur la poussière, vent enrobant le globe entier, bourrasque, tempête, cyclone qui n’a qu’un œil, un centre, un point d’intense déflagration…

Le garçon simule une « petite » catastrophe sur son château de sable avant même que la marée n’efface la trace de son œuvre. Goût du désastre déjà.

L‘enfant n’a jamais retrouvé ses parents. L’enfant que le passeur a balancé par dessus bord pour alléger le canot tandis que la mère hurle.

 

Je croyais que tu m’aimais.

Il pensait tenir à elle plus qu’à sa propre vie.

Tu étais mon centre, mon cœur, mon âme.

Ils savaient que la fin était proche. Ils ont bu le poison et ont dormi jusqu’à a fin des temps.

Son corps se brise, se révulse, se fend en deux. La petite tête gluante apparaît entre ses jambes. Elle crie, transpire, pleure, pousse, crie encore, tout le corps dans l’arrachement de la vie.

 

L‘enfant n’a même pas crié. Juste son regard tandis que ses bras s’agitent. Son regard comment l‘oublier jamais. Son regard.

 

Bianca Bondi -Silent house- (selection prix Marcel Duchamp 2026-MAM Paris)

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