Danser

Publié le par Jacquette

Tout le monde parle, sauf moi. J'écoute, j'observe, je rêvasse un peu aussi, mais j'essaie d'être là, au milieu des bouches, des visages, des convictions, des échanges, des rires, ça parle de danse, de workshop, de création, de moyen de création, de projet, de pédagogie, de public, de comment faire venir le public, ça fait quarante ans que j'entends ça mais c'est toujours le point névralgique, alors on va chercher le public par la main, viens petit, n'ai pas peur, la danse contemporaine t'attend et te veut très fort, non ce n'est pas difficile, on a tous un corps n'est ce pas ? Laisse toi allez, regarde, écoute, qu'on ne parle pas de " codes inconnus" ou de "langage spécifique, trop hermétique", depuis le temps qu'on va dans les écoles, les entreprises, les quartiers, qu'on diffuse généreusement des films de danse à minuit(!) , qu'on fait des résidences et  de la sensibilisation à chaque création , ou presque, on en est encore là?  Eh oui, encore et encore, il faut y aller, est ce politique, social, ce manque de culture du mouvement, ce mélange de fascination et d'incompréhension vis à vis de la danse?....

Vaste sujet, n'est ce pas, heureusement on en profite aussi pour regarder bouger, danser, ouvrir l'espace et les sens, et que cela fait du bien, oui! Parce que c'est interdit vous savez, se réunir dans un lieu pour voir de la danse, parler de la danse, danser surtout, enfin tout le monde met son masque, comme ça on se comprend encore moins qu'à l'accoutumée, sauf les danseurs dans leur espace privilégié, le temps d'une représentation,  ils dansent, libres malgré tout, dans leur espace réservé , et nous regardons assis, et puis  nous allons danser un peu avec eux, tiens, soyons fous!....Et puis boire et rigoler ensemble, pour éprouver ce qui nous sert d'humanité, le collectif, l'amour du mouvement et du partage, un petit acte de résistance symbolique, parce qu'il faudra quand même faire deux à trois tests pour reprendre l'avion et rentrer chez soi pour ceux qui ont franchi les frontières, très gros budget les tests!

Je reprends le train, bondé comme à l'aller, plus le métro, sept heures de masque, ça épuise et dégoûte totalement de faire le moindre effort de déplacement!....

Ce jour je prends mon vélo et soudain quelle impression ( tout à fait illusoire certes) de liberté...

Il fait beau, les petits oiseaux chantent et les crocus se pointent, quelques arbres s'habillent de blanc ou de rose, à part ça, rien de rassérénant à l'horizon, ah si, Sarkozy enfin condamné, avec tous les boulets qu'il traîne on peut s'étonner que ce ne soit pas arrivé plus tôt.

Relire Philippe Jacottet, danser dans ma chambrée, vivre encore au jour le jour ou presque, le futur étant bien incertain...

Je propose un nouveau proverbe: en mars, remue tes métatarses!

 

 

Le tram la nuit, en mouvement....

Le tram la nuit, en mouvement....

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