Bouillir!!!
Qu’est ce que tu veux raconter, ton dos te torture nuit et jour, le sommet de la douleur te faisant sentir comme une momie de 90 ans, se retourner dans le lit acte de bravoure inouïe, se lever demandant de longues négociations, marcher ressemblant à une humiliation , bref un sale moment, qui heureusement commence à s’estomper, mais quand même, ça vous scie le moral autant que le corps, et ce point ultime comme une distorsion qui ne veut pas céder…Le beau soleil et son froid coupant, plus possible de faire autre chose que se coller au radiateur, la douceur grise et pluvieuse est de retour, ciel sans couleur et morne humidité, des envies de clarté et de fleurs, d’espace verdoyant, de flânerie aux terrasses de café, de robe légère, de jambes nus et de visages nus….Pas demain la veille, alors quoi….Tenir comment, nez dans les livres, musique et souvenirs.
Il y a un an c’était carnaval à Trinidad, colibris et fleurs exotiques, palmiers doucement bercés par les alizés, chaleur bienvenue, odeur d’essence, musique partout, faux cils et corps en fête, danser sur les affleurements de sable, un verre de rhum à la main. Un autre monde vraiment….
Mais de petites résistances ici et là, maintiennent le rituel des rencontres, des échanges, des découvertes encore possibles, la création, l’art ne sont pas morts, bien au contraire ! Des expos, des appels à projet, des rencontres chorégraphiques, du théâtre à l’école, des ateliers ouverts au public, chacun essaie d’inventer son espace d’expression, mais que ce temps est long à vivre, éloignés les uns des autres….Les jours rallongent, quelques tiédeurs printanières ici ou là vous titillent l’envie de longues soirées la tête dans les étoiles avec un peu de bonne musique live….Stop, cessons de rêver, ça fait mal…
Une bonne révolution pour le droit à la fête nocturne, le foisonnement des visages nus, rires et danses dans la chaleur des corps, simplement être ensemble….Ouf, un coup de folie, pardon, je remets mon bâillon et prends mes distances, j’ai eu une petite hallucination, trop d’effluves d’origine non contrôlée, la tisane m’est montée à la tête !
Restons calmes, mais pas trop non plus, pas trop longtemps, hein…. ?